Comment savoir si on est en dépendance affective ? Pour répondre à cette question, je vous propose dans un premier temps de comprendre ce qu’est la dépendance affective. Puis, nous verrons la différence entre la dépendance affective et l’amour, et identifierons les 6 signes de la dépendance affective.
Enfin, nous étudierons l’importance de l’attachement dans la dépendance affective et comment la Gestalt thérapie peut aider à sortir de la dépendance affective.
Qu’est-ce que la dépendance affective ?
Selon Geneviève Krebs, la dépendance affective est une souffrance enracinée dans une blessure du passé, une carence affective vécue durant l’enfance, un traumatisme.
La dépendance affective repose sur des peurs profondes :
- la peur incontrôlée du vide et de la solitude,
- la peur du rejet et de l’abandon.
La dépendance affective se manifeste par un état d’insécurité permanent et un manque d’estime de soi.
Ainsi, une personne dépendante affective éprouve un besoin continu et excessif d’être rassurée, appréciée et aimée. Elle en arrive à n’exister que par l’autre.
Par conséquent, ce qui motive la relation chez une personne dépendance affective n’est pas l’Amour, mais le besoin de soulager son angoisse : ne pas exister sans l’autre !
3 types de comportement peuvent être présents chez la personne dépendante affective :
- la fuite ou l’évitement afin d’éviter d’être rejeté par l’autre,
- le surinvestissement, qui consiste à donner beaucoup afin d’être reconnu et apprécié et ainsi éviter d’être abandonné par l’autre,
- le contrôle, l’influence voire la manipulation afin d’avoir le sentiment de garder la maîtrise des choses et d’être rassuré.
Quelle est la différence entre la dépendance affective et l’amour ?
Les signes de dépendance affective peuvent se confondre avec ceux de l’amour.
Je vous présente un tableau récapitulatif qui vous permettra de différencier l’amour de la dépendance affective sur plusieurs critères :
| Amour | Dépendance affective | |
| Motivation | Choix volontaire et affection sincère | Besoin de combler un vide intérieur |
| Estime de soi | Haute, indépendante du regard extérieur | Basse, besoin constant de réassurance |
| Liberté | Relation permettant d’être soi-même, d’être autonome | Relation étouffante, sentiment d’être lié.e à l’autre |
| Équilibre | Échange et respect mutuel des besoins de chacun | Déséquilibre : l’un s’efface pour l’autre |
| Épanouissement | Relation qui nourrit et encourage les projets et envies de chacun | Relation qui restreint, notamment liée à la peur de l’abandon |
Quels sont les 6 signes de dépendance affective ?
Pour savoir si on est en dépendance affective, il suffit de regarder si on se retrouve dans les différents signes. Les signes de dépendance affective peuvent se regrouper en 6 types distincts :
1. Le manque d’estime de soi, de confiance en soi et d’affirmation de soi
- J’ai une faible estime de moi : j’ai un sentiment d’infériorité, de ne pas avoir de valeur.
- J’ai des difficultés à reconnaître mes forces et mes capacités.
- Je n’ose pas assumer mes propres besoins ou désirs, par peur de déplaire à l’autre.
- Je peux renier ma propre identité pour plaire à l’autre : changer mes habits, ma décoration etc.
- J’ai du mal à m’affirmer, à exprimer mon opinion ou à poser mes limites.
Pour en savoir davantage sur ce sujet, je vous invite à lire mon article sur les 12 symptômes du manque de confiance en soi.
2. Le besoin excessif et permanent de reconnaissance et de réassurance
- Je recherche constamment l’approbation, la validation de l’autre.
- J’ai besoin d’être rassuré.e en permanence.
- Je demande à l’autre sans cesse des preuves d’amour et d’attention.
- Je n’arrive pas à prendre des décisions seul.e au quotidien, de peur de mal faire.
3. La peur profonde du vide, de la solitude, de l’abandon
- J’ai tendance à sublimer, à idéaliser l’autre lors d’une rencontre.
- Je crains d’être rejeté.e ou abandonné.e par l’autre.
- J’ai peur d’être seul.e ; j’ai peur du sentiment de vide affectif.
- Je n’arrive pas à imaginer ma vie sans l’autre.
- J’ai du mal à me séparer de l’autre, même temporairement, sans que ça me fasse souffrir.
4. Les pensées obsessionnelles centrées sur l’autre
- Je pense à l’autre tout le temps.
- Je doute constamment de son amour, voire de sa fidélité.
- J’ai peur de perdre l’autre et je le/la sollicite sans cesse.
- J’imagine plein de scénarios anxiogènes quand l’autre ne me répond pas.
5. Les comportements de surinvestissement voire de sacrifice dans la relation
- J’ai besoin de donner toujours plus, afin que l’autre m’apprécie, m’aime.
- J’abandonne certains projets, certaines relations pour être totalement avec l’autre.
- Je suis davantage à l’écoute des besoins de l’autre que de mes propres besoins : je m’oublie dans la relation.
- J’accepte certaines frustrations, injustices et parfois des souffrances importantes pour maintenir à tout prix la relation.
6. La vulnérabilité face à la manipulation et à l’emprise
- Je suis attiré.e par des partenaires dominant(e)s ou manipulateurs (manipulatrices).
- J’accepte de l’autre des comportements inacceptables : manque de respect, harcèlement, humiliation voire violence.
- J’ai peur du conflit, d’être en désaccord avec l’autre, par peur de le/la perdre.
Quelle est l’importance de l’attachement dans la dépendance affective ?
Selon John Bowlby (théorie de l’attachement), l’attachement joue un rôle vital dès la petite enfance. En effet, il apporte un sentiment de sécurité indispensable au développement du nourrisson et à l’exploration de son environnement. Ainsi, la qualité des premiers liens affectifs avec nos parents puis nos proches colore la manière dont nous tissons nos liens tout au long de notre vie.
La dépendance affective trouve généralement son origine dans l’enfance, lorsque les besoins fondamentaux d’affection, d’attention, de réassurance, de reconnaissance et de soutien n’ont pas été suffisamment comblés. La comparaison, la dévalorisation, l’humiliation, la menace de l’abandon peuvent également fragiliser l’estime de soi et créer une peur de mal faire ou de se retrouver seul.e.
À l’inverse, une surprotection excessive d’un des parents empêche l’enfant de se sentir reconnu pour sa valeur et de vivre pleinement ses frustrations. Cela peut créer ensuite une forme de dépendance.
La conséquence de toutes ces situations est une insécurité intérieure qu’une fois adulte on cherche à combler via ses relations.
Comment la Gestalt thérapie accompagne la dépendance affective ?
La dépendance affective ne fait pas uniquement souffrir dans les relations. Elle empêche de se sentir pleinement soi-même, d’être un individu différencié à part entière, d’être autonome, d’être capable de faire des choix et de poser des limites.
Bref, la dépendance affective ne permet pas à la personne d’exister sans le regard ou la présence de l’autre.
Pour sortir de cette dépendance, un accompagnement thérapeutique est souvent nécessaire.
La Gestalt-Thérapie permet de :
- prendre conscience de ses fonctionnements dans la relation à l’autre,
- identifier ses propres besoins,
- reprendre confiance en soi,
- gagner en sécurité intérieure,
- pouvoir se différencier de l’autre.
Pour identifier ses propres besoins, vous pouvez lire mon article sur les émotions qui nous renseignent sur l’état de nos besoins Comment libérer ses émotions ? Un exercice en 5 étapes pour y arriver.
Pour reprendre confiance en soi, je vous invite à lire mon article sur les 9 clés pour travailler l’estime de soi.
Enfin, le ou la thérapeute en Gestalt thérapie offre une cadre sécurisant qui :
- encourage l’autonomie de la personne,
- et invite à expérimenter des nouvelles façons plus ajustées d’être en relation avec l’autre et à son environnement.
Bibliographie
- Dépendance affective: Six étapes pour se prendre en main et agir, Geneviève Krebs, Eyrolles, 2018
- Quitter la dépendance affective avec la Gestalt Thérapie, Armelle Chotard Fresnais, 2025
Stéphane BAUDOUIN
Thérapeute en Gestalt Thérapie, je vous reçois dans mon cabinet sur Lyon ou à distance en visio.
